RDC : à Uvira, le témoignage d’une survivante de viol relance l’appel à la justice pour les victimes
En République démocratique du Congo, les violences liées au conflit continuent de frapper durement les civils, particulièrement dans l’est du pays. Dans un rapport publié par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), l’instance onusienne affirme avoir documenté 6 169 cas de violations des droits humains en 2025, soit une hausse de 24 % par rapport à l’année précédente.
Selon ce document, ces exactions ont fait plus de 18 000 victimes, dont 2 806 femmes et 1 394 enfants. Les groupes armés sont responsables de 71 % des violations, avec en tête le mouvement Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23), tandis que 28 % des cas impliquent des agents de l’État.
Le rapport souligne également une dégradation sécuritaire marquée dans l’est de la RDC, notamment après la prise de villes stratégiques comme Goma et Bukavu, ainsi que de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par l’AFC/M23 et l’armée rwandaise.
Mais derrière ces statistiques, ce sont des drames humains qui continuent de se multiplier. À Uvira, dans un camp de déplacés, une femme raconte avoir été violée par sept hommes armés dans la plaine de la Ruzizi. Depuis cette agression, elle affirme n’avoir jamais bénéficié de soins appropriés.
Traumatisée et confrontée à des conditions de vie précaires, elle explique avoir fait un avortement à la suite de ce viol. Son témoignage illustre la situation de nombreuses survivantes dans cette région où les structures de prise en charge restent insuffisantes.
Face à cette réalité, l’acteur de la société civile et défenseur des droits humains Mapenzi Manyebwa appelle la communauté internationale à agir davantage pour mettre fin à l’impunité.
Selon lui, il est urgent de renforcer le système judiciaire en RDC et de former davantage d’experts en droits humains afin de poursuivre les auteurs de ces crimes.
« Trop souvent, les bourreaux sont relâchés après les faits. Les victimes doivent pouvoir retrouver leur dignité », déplore-t-il.
Pour cet activiste basé à Uvira, la justice reste l’une des clés pour freiner la spirale des violences et restaurer la confiance des populations dans les institutions. Dans l’est de la RDC, où les conflits armés persistent, la question de la protection des civils et de la réparation pour les victimes demeure plus que jamais au cœur des préoccupations.
Par Cedrick Bendera
