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Sud-Kivu : des élus de Mwenga et Shabunda dénoncent la gouvernance provinciale

Un groupe de députés nationaux et provinciaux originaires des territoires de Mwenga et Shabunda interpelle le président de la République. Ces élus dressent un tableau sévère de la gestion actuelle de la province du Sud-Kivu, dirigée par le gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadiki et son vice-gouverneur Jean-Jacques Elakano Mwewa.


Dans un contexte sécuritaire marqué par la persistance des conflits armés dans l’est de la République démocratique du Congo, les signataires expriment d’abord leur solidarité envers les populations affectées par les violences, notamment celles attribuées aux groupes rebelles opérant dans la région. Ils saluent également les efforts diplomatiques entrepris au niveau national pour restaurer la paix.


Les élus dénoncent une « gouvernance opaque », marquée selon eux par des détournements de fonds publics, le tribalisme, le népotisme et la vente présumée de postes administratifs. Ils affirment que les recettes fiscales échappent en partie aux circuits légaux, évoquant des pratiques informelles, voire l’usage de services de paiement mobile pour la collecte des taxes.


Le mémorandum souligne aussi que, malgré le contrôle majoritaire du territoire par les autorités étatiques, ces dérives ne sauraient être justifiées par la situation sécuritaire.


Les territoires de Mwenga et Shabunda, pourtant riches en ressources naturelles, seraient victimes d’exploitation illégale par des entreprises, avec peu de retombées pour les populations locales.


Les signataires pointent également le manque d’infrastructures de base, l’enclavement persistant de ces zones et l’absence de politiques publiques efficaces dans des secteurs clés comme la santé, l’éducation et les routes.


Ils évoquent un sentiment croissant de marginalisation, malgré un soutien électoral massif lors de la présidentielle de 2023.


Par Cedrick Bendera